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Un corellien à Grenoble

Un corellien à Grenoble

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12 août 2007

Le collier de Shimrra - partie 1

Environ huit mois plus tard.


La femme marchait rapidement. Les talons de ses chaussures claquaient sur le sol en permabéton de l’avenue. Emmitouflée dans un manteau hors de prix, elle essayait de se protéger des rafales de vents nocturnes qui soufflaient sur la cité d’Yractos. Elle serrait contre sa poitrine un sac à main de grande marque et jetait des coups d’œil soupçonneux à droite et à gauche. Bien qu’elle essayait de ne rien laisser paraître, elle semblait craindre quelque chose, alors même qu’elle évoluait dans une artère très animée de la ville. Après plusieurs minutes de marche, elle sembla se détendre et s’autorisa à ralentir. « Quelle idiote je fais. », devait elle penser, « Que peut il bien m’arriver en plein milieu de la foule ? ». Elle délassa le foulard qui lui couvrait la tête et laissa sa longue chevelure blonde cascader sur ses épaules. Elle avait la chance d’avoir gardé le physique de ses vingt ans alors qu’elle en avait dix de plus. Elle sourit quand elle nota les regards fugaces que lui adressaient certains hommes. Elle s’engagea soudain dans une voie perpendiculaire puis continua son chemin à travers un dédale de rues et de ruelles de moins en moins fréquentées.

Débouchant dans une rue totalement déserte, elle reconnu le porche d’immeuble qui signalait qu’elle était arrivée à destination. Toutes les fenêtres étaient couvertes par des volets roulants et aucune lumière ne filtrait de l’intérieur. Elle soupira de soulagement et s’empressa de s’approcher de la porte pour signaler sa présence aux gens qu’elle savait trouver à l’intérieur. Elle allait appuyer sur le bouton de l’interphone mais interrompit son geste quand elle sentit quelque chose de froid se poser sur sa gorge. Elle étouffa un petit cri aigu et se paralysa.

- Bonsoir, fit une voix masculine dans son dos.

La femme s’autorisa à tourner la tête à quatre-vingt-dix degré et du coin de l’œil aperçu une silhouette encapuchonnée se tenant à quelques centimètres d’elle. Son visage demeurait invisible. Son bras gauche, lui passait sous l’aisselle et tenait un fin et long couteau juste sous son cou.

- Vous… Vous n’avez pas besoin de me faire de mal, je vous l’assure. Mon argent et mes bijoux… ils sont à vous.

- Allons calmez vous, reprit l’inconnu. Je ne vous ferais aucun mal si vous m’écoutez attentivement. Quand à vos biens, ils ne m’intéressent pas. En fait je ne souhaite qu’une chose.

La femme eut soudain un étrange pressentiment. « Non ! Il ne veut quand même pas ça ! », « Il n’y a personne au courant à part moi et… » puis une autre pensée lui vint « Le salopard, il sait… », « C’est lui qui m’a envoyé ce type. ».

- Je… mais qu’est ce que vous voulez alors ?

- Oh, je crois que vous le savez parfaitement Madame Saante.

Elle sursauta en l’entendant prononcer son nom. Cette fois il n’y avait plus aucun doute, son agresseur était bien venu la récupérer. Il devait la suivre depuis son départ, ou peut être l’avait il attendu patiemment dans cette ruelle sombre.

- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler…

- Tsss… allons allons. Donnez la moi.

- Vraiment je…

- Ecoutez, reprit il avec une voix plus ferme mais toujours aussi calme et apaisante, chaque seconde supplémentaire que je passe avec cette dague sous votre gorge multiplie les risques que je fasse un faux mouvement dont les conséquences seraient… fâcheuses. Alors finissons en vite et donnez la moi., répéta t’il.

La menace était à peine voilée mais peut être qu’il bluffait et qu’il n’oserait pas la tuer.

- Allez vous faire foutre !

- Aaah mais ca serait un plaisirs avec vous, dit-il d’un ton moqueur. Malheureusement, je n’ai pas le temps pour ca… une autre fois peut être.

La pression de la lame s’accentua sur son cou. Avec sagesse, elle se dit finalement qu’elle n’avait pas vraiment envie de savoir si cet homme mettrait sa menace à exécution ou non. Tremblante, elle ouvrit son sac et y plongea la main. Elle en sortit une datacarte bas de gamme, vierge de toute annotation, qu’elle tint entre son index et son majeur et qu’elle brandit par dessus son épaule. Une main s’en saisit délicatement et l’objet disparut de sa vue.

- Bien essayé, ajouta son agresseur amusé. La vraie maintenant.

Elle soupira. Cette fois ci, elle avait perdu. Elle exhiba une seconde datacarte que rien ne pouvait distinguer de la précédente. L’homme la prit et la rangea sous son manteau.

- Excellent se félicita t’il. Je vous remercie de votre aimable coopération et je vous souhaite une bonne fin de soirée.

Aussi furtivement qu’elle était apparue, l’arme disparut de sous sa gorge. Un bruissement d’étoffe lui signala que l’individu s’éloignait déjà mais elle n’osa pas bouger.

-Ah mince ! J’oubliais.

Elle se retourna. L’inconnu, vêtu de noir se tenait à quelques mètres d’elle. Il était beaucoup moins grand qu’elle ne l’avait imaginé. Il lui lança quelque chose qu’elle rattrapa au vol par réflexe. C’était une des deux datacartes. Nul besoin d’être grand clerc pour deviner qu’il s’agissait du leurre qu’elle avait tenté de lui refourguer.

- Ceci vous appartient je crois. Au revoir.

Il lui tourna le dos et s’éloigna. Elle le suivit du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’angle d’une rue. Elle s’abstint d’essayer de le suivre. Ce gars était un pro et elle ne récupérerait pas la datacarte… pas ce soir… pas tant qu’elle serait en sa possession. Après… c’était une autre affaire. Elle s’assit sur les marches du porche et posa ses coudes sur ses cuisses, son menton reposant dans ses mains ouvertes puis soupira, l’air boudeuse.

 

 

 

Ravi de la tournure des évènements, Nevan Arlls, déambulait gaiement au milieu des habitants noctambules d’Yractos. Il rabattit sa capuche, sachant pertinemment qu’en public, celui qui cherche à se faire discret, obtient immanquablement l’effet inverse. L’air dégagé et sifflotant un vieil air taanabien, il se dirigea rapidement vers le centre-ville. Il longea les devantures de nombreux bars et boites de nuit. La population étant plutôt jeune et majoritairement humaine, Nevan aurait bien eu du mal à se faire remarquer au milieu des fêtards. Il sourit en pensant à la façon dont s’était passé son boulot de la soirée : net et sans bavure. Cette femme ne s’était pas doutée un seul instant qu’elle était filée et elle avait plutôt bien coopéré. Si tel n’avait pas été le cas, il ne l’aurait certainement pas tué. Mais ca elle l’ignorait. Il l’aurait simplement assommé et aurait récupéré ce qu’il désirait. Il était toutefois content de ne pas avoir eu besoin de lui infliger une vilaine bosse sur le crâne et dut admettre avoir été impressionné par son courage et son sang froid. Il se dit que son client n’avait sans doute pas finit d’entendre parler d’elle. Peu importe, ca ne le concernerait bientôt plus…

Nevan finit par entrer dans un des établissement, un sorte de pub à la mode tenu par un couple de Dralls. L’ambiance était aussi festive qu’arrosée et on pouvait y écouter de la bonne musique. Une serveuse le salua, il commanda un verre puis se dirigea vers le fond de la salle. Il repéra rapidement une table occupée par un immense Nautolan à la peau verte et une jeune humaine aux cheveux roux. Bières à la main, les deux compères chantaient en cœur une vieille chanson de pirates. Amusés, les clients de plusieurs tables voisines s’étaient joint à eux et levaient leur choppes bien haut au dessus de leur tête. Bien qu’elle soit totalement ringarde, personne ne semblait y prêter attention. En effet, elle avait tout ce qu’il fallait pour être une parfaite chanson d’alcooliques ; un air entraînant pour se balancer en rythme coude à coude et des paroles simples que l’on pouvait beugler aussi fort que l’on voulait sans se soucier de chanter juste ou faux. Nevan ne put retenir un éclat de rire au spectacle de ses deux amis plongés dans leur interprétation toute personnelle du titre dont voici les paroles :

 

Refrain :

Du lum, des femmes et d’la bière nom d’un hutt,

Avec tout ce pognon, on s’en paie tant qu’on veut.

Du lum, des femmes, et servit en moins d’deux,

A la prochaine escale, aux frais d’ces culs terreux.

Oh oh oh oh oh, aux frais d’ces culs terreux.

 

Hé oh ! Cap’taine nous prend pas pour des cons,

Partage le butin, ou c’est la rébellion.

On risque notre peau, à chaque opération,

Y’a souvent d’la bagarre, quand on débarque sur l’pont.

 

On négocie à coups de canons laser,

Un conseil si on s’pointe : dépose tes armes à terre.

Tant pis pour c’lui, qui jouera les cerbère,

Une chose est sure, il fera pas une grande carrière.

 

On écume l’espace, à bord d’nos vieux rafiots,

De la Bordure Extérieure au fin fond du Noyau.

Suis bien les ordres, surtout n’en fait pas trop,

C’est sur la piraterie, c’est pas pour les héros.

 

A trois parsecs, de la base c’est les glandes,

Les moteurs en panne, l’hyperdrive qui nous plante.

Le boss qui gueule, les gars qui s’impatientent,

Et puis la propulsion, toujours récalcitrante.

 

Terminant sur un tonitruant « Oh oh oh oh oh », Hoys et Seïthra remarquèrent la présence de Nevan qui les observait et levèrent leurs verres à son encontre pour saluer son arrivée.

- Hé Nev ! s’écria la jeune sorcière. Pose tes fesses ici et raconte nous tous.

- Ouais… faut bien que je raconte vu que c’est moi qui me farci tout le boulot, rétorqua t’il. Comme d’habitude en somme.

- Ben ouais, ricana Hoys, mais ca nous va bien en fait.

- Bon alors, tu l’as ? s’impatienta Seïthra.

Nevan leva les yeux au ciel. Il sortit d’une poche la datacarte qu’il avait pris à la femme et la tendit à sa compagne. Elle s’en saisit et la fit tournoyer entre ses doigts pendant que le jeune voleur leur décrivait brièvement ce qu’il avait du faire pour récupérer l’objet.

- Bref, finalement elle me la filé et je suis revenu directement ici. Donc pour résumer j’ai trouvé le boulot, négocié avec le client, fait ce qu’il voulait, tout seul, pendant que vous vous êtes bien au chaud ici à vous enfiler des canons. Paie ton esprit d’équipe !

Hoys éclata de rire et Seïthra fit la moue, prenant un air faussement apitoyé.

- Mon pauvre choubidou, se moqua t’elle avant de lui plaquer par surprise un baiser sonore sur les lèvres, voilà pour te récompenser. Allez nous la fait pas Nev, reprit elle après lui avoir adressé un clin d’œil complice, tu sais bien qu’on t’aurait servit à rien et que, en plus, t’a adoré cette petite virée en solo.

Le jeune homme refusa de l’admettre publiquement mais il ne put s’empêcher de sourire en réalisant que Seïthra avait visé juste. Quelques fois, l’aptitude qu’elle avait à lire les sentiments des gens se révélait exaspérante.

- En tout cas, intervint Hoys, ce cher « intègre et droit Directeur Général Saante », il va être bien content de remettre la main sur la comptabilité de son « honnête entreprise ». C’pas les gars ?

- C’est sur que si ces « calomnieuses » rumeurs de détournement avait trouvé de quelconques éléments susceptibles de les étayer, le scandale qui en aurait résulté aurait été fort ennuyeux. Heureusement qu’on était là pour s’assurer qu’un tel scénario ne se réalise pas.

- Jusqu’à la prochaine fois, souligna Seïthra.

- Oui comme tu dis. Hoys, j’aimerais bien que Vicky nous fasse une petite sauvegarde de la carte, ca pourrait servir à l’occasion.

Le Nautolan soupira et alluma avec regret le terminal portatif sur lequel était stockée l’intelligence artificielle qui faisait office de soutien logistique à leur petite compagnie d’aventuriers mercenaires. L’image de Vicky se matérialisa, flottant à quelques centimètres de l’épaule de Hoys, comme si elle y était assise. Quelques clients des tables alentours furent surpris par l’apparition avant de s’en désintéresser pour retourner à leurs boisson et leurs conversations.

- Vicky, expliqua Hoys, on a récupérer ce que voulait le client. Fais nous en une petite copie au cas ou, lui ordonna t’il en glissant la carte de données dans le périphérique d’accès de l’I.A.

- Ah, un peu de crédits frais en perspective, se réjouit la twi’lek virtuelle, c’est pas du luxe au rythme ou vous les dépensez…

- Que veux tu, s’amusa Seïthra, nous sommes des bons vivants.

- J’avais pas remarqué, ironisa t’elle. Copie enregistrée. Je me connecte au réseau pour envoyer le message convenu au client.

- Nickel, approuva Nevan, après tu contacteras Deval, sur son comlink personnel. Prends rendez-vous pour voir ce qu’il a d’autre pour nous.

Le Deval en question était un Duros rusé qui gagnait sa vie à jouer les intermédiaires entre les gens fortunés qui avaient des problèmes et des individus peu fréquentables qui s’évertuaient à résoudre ces problèmes contre des crédits sonnants et trébuchants. Inutile de dire que le Duros, loin d’être un philanthrope, touchait de coquets pourcentages sur les missions qu’il dispatchait.

Sur ces mots, Seïthra commanda à grands cris en direction d’une serveuse une nouvelle boisson. Nevan et Hoys lui emboitèrent volontiers le pas.

25 juillet 2007

Le Collier de Shimrra- prologue

Voili voilou, l’épisode 2 des aventures (fort peu morales) de Nevan Arlls est enfin lançé, après un peu de retard par rapport à ce que j’avais prévu.

Pour les (éventuels) lecteurs, il est important de savoir que ce nouveau chapitre (ainsi que les suivants par la suite) s’adresse plus à ceux qui connaissent un peu la période du Nouvel Ordre Jedi, car les Yuuzhan Vong y font leur apparition et que leur univers est très particulier. Voila pourquoi j’ai preféré consacrer quelques paragraphes dans ce prologue à expliquer par exemple ce qu’est le corail yorik ou encore à faire un bref résumé de ce qu’il se passe dans le roman Vecteur Prime… des choses que les fans de l’Univers Etendu savent déjà, en général, mais qui ne sont pas forcément acquises pour tout le monde.

Sur ce bonne lecture.

PS : Le titre de ce deuxième épisode n’est pas forcément définitif. En effet on sait dès le prologue pourquoi ce chapitre s’appelle ainsi, ce qui est assez moyen sur le plan narratif…

Episode II :

 

Le collier de Shimrra

 

Cinq jours après la destruction d’Helska IV

 

Dans les couloirs du vaisseau monde, les pas de l’intendant Yuuzhan Vong résonnaient d’une bien étrange façon sur le sol d’apparence minérale. Le plancher n’était pas la seule partie du vaisseau faite de ce matériau étrange. L’intégralité de la structure était composée d’une forme de vie corallienne, génétiquement modifiée et façonnée par les laborantins, le corail yorik. Dans la culture Yuuzhan Vong, le corail yorik était probablement le serviteur vivant le plus répandu. Il servait aussi bien à construire des bâtiments au sol que les gigantesques vaisseaux mondes- les Koros-strohna - dans lesquels son peuple traversait l’immensité du vide intergalactique. On pouvait en faire de terrifiants vaisseaux de guerre et plus étonnant encore, des chasseurs stellaires très rapides et très maniables. Pourtant le décors et l’ambiance sinistre ne semblaient pas perturber Igey Domaine Shul qui avançait d’un pas sur, n’accordant pas même un regard à ses congénères de rang inférieurs qu’il pouvait croiser et qui s’inclinaient respectueusement sur son passage.

De loin ou dans l’obscurité, Igey aurait pu passer pour un humain. Avec deux bras et deux jambes rassemblés autour d’un corps massif, on pouvait le classer dans la catégorie des humanoïdes mais la ressemblance s’arrêtait là. Les Yuuzhan Vong étaient en moyenne plus grands et plus lourds que les humains. Leur peau n’avait pas une aussi grande variété de teinte mais oscillait entre le gris et le jaune pâle. Leurs crânes plus allongés, laissaient entrevoir de légères variations de taille et de forme, laissant penser à l’existence de lignées dans l’espèce. Comme la plupart des Yuuzhan Vong, Igey n’avait plus depuis longtemps l’apparence physique de sa naissance. Les nombreux tatouages et scarifications rituels, ainsi que le nombre impressionnant de cicatrices qu’il arborait sur tout le corps, y compris sur le visage, auraient suffi à le rendre méconnaissable pour quelqu’un l’ayant connu dans sa jeunesse. La plus facilement notable d’entre elles était une longue balafre partant de sa tempe gauche, traversant ses lèvres et se perdant dans le menton.

Son regard était difficile à trouver car ses yeux étaient surmonté d’arcades sourcilières épaisses et soulignés par de larges poches bleues typiques de sa race. Son nez semblait avoir été tranché net et se résumait en fait à deux profondes cavités réunies autour d’un vestige d’appendice nasal. Ses oreilles étaient de forme globalement pointues, mais l’une d’entre elle avait été coupée un peu au dessus du conduit auditif. Igey était loin d’être le Yuuzhan Vong le plus imposant physiquement. N’ayant pas voué sa vie à l’art de la guerre, son corps n’avait pas subi le long et difficile entraînement de la caste des guerriers. Ses talents étaient ailleurs. Igey avait le crâne entièrement chauve et couvert de tatouages décrivant ses origines et son statut social. Il portait le traditionnel turban et la robe verte de la caste des intendants.

A la sortie d’un large corridor, Igey émergea sur l’entrée du Hall des Confluences, la salle du trône publique du Seigneur Suprême Shimrra. Devant le sas sphincter, deux gardes en armure, d’imposants guerriers, jouaient le rôle de sentinelles zélées. Ils interceptèrent Igey pour lui demander son identité et les raisons de sa venue. Igey répondit aux questions, sachant pertinemment que l’interrogatoire était parfaitement inutile mais qu’il faisait partie du protocole. En réalité, le Yuuzhan Vong était attendu et il aperçu du coin de l’œil, un appendice sortir du plafond. Une sorte de globe oculaire se braqua sur lui pour confirmer l’identité du visiteur. Quand la créature eu fini son travail, le sas enfla et se rétracta. Les gardes s’écartèrent pour le laisser passer.

La salle du trône était étrangement peu occupée. Alors qu’elle était habituellement remplie de courtisans des quatre castes dirigeantes, rassemblés autour du massif trône sur lequel siégeait le Seigneur Suprême, la pièce ne comportait ce jour là qu’un nombre réduit d’hommes et de femmes – surtout des représentants de la caste des guerriers remarqua t’il – qui discutaient en petits groupes éparpillés dans le vaste hall.

Le personnage qui occupait le trône restait néanmoins le centre d’attention de tous les individus présents. Shimrra Domaine Jamaane était très impressionnant même pour les standards Yuuzhan Vong. Sa taille et sa carrure exceptionnelles n’étaient pas naturelles. Tout le monde savait que ces transformations, dues à l’élite des modeleurs du Domaine Jamaane, avait pour but de faire ressembler le Seigneur Suprême au dieu Yun-Yuuzhan. Sa tête était plus large et ses yeux avaient été remplacés par des implants mqaaq’it, dont la couleur dépendait de son humeur. Ses pupilles étaient actuellement vertes claires cernées de rouge vif, signe que Shimrra contenait une certaine colère. Son visage était l’un des plus ravagés par les cicatrices et les scarifications rituelles qu’Igey n’ai jamais vu. Ses mains étaient posées sur les accoudoirs du trône mais les doigts de l’une d’entre elle martelaient en rythme sa surface de corail yorik. Chacun de ses dix doigts était un implant, provenant de dix créatures mortellement dangereuses de la galaxie d’origines des Yuuzhan Vong. Igey remarqua que son langage corporel trahissait son impatience, probablement due aux flots de sollicitations venant des membres de l’élite Yuuzhan Vong. Un héraut signala la présence d’Igey Shul à l’assemblée et il fut invité à s’approcher du trône.

L’intendant s’approcha, passant à coté de plusieurs notables Yuuzhan Vong qui le fixaient avec curiosité. Il s’arrêta à quelques mètres du Seigneur Suprême.

- Mon seigneur, dit il en s’inclinant en signe de soumission.

- Exécuteur Shul, répondit le souverain. Votre affectation auprès du Domaine Dal s’est elle montrée bénéfique ?

- Parfaitement Seigneur Suprême. J’ai veillé personnellement à ce que leur vaisseau monde reçoive toutes les ressources nécessaires. Plus de sept milles guerriers attendent les ordres pour détruire des vies infidèles. Trois bataillons de Chazracks leurs sont dors et déjà affectés en soutien et les cent cinquante premiers coraux skippers qui sortiront des cultures de Belkadan leurs sont réservés en remplacement de leurs plus anciens appareils.

- Excellent, approuva Shimrra.

- Je n’ai fait qu’accomplir mon devoir, répondit il avec une pointe d’amertume dans la voix.

- Je n’en doute pas…

Shimrra ne dit rien pendant plusieurs secondes, laissant sous-entendre qu’il en avait plus compris que ses paroles ne pouvaient le laisser penser.

- Toutefois, vous vous doutez bien que je ne vous ai pas fait convoqué en personne pour que vous me fassiez simplement votre rapport.

Igey s’abstint de répondre quoique ce soit.

- Comme vous le savez, nous avons subi un relatif revers dans le bras de Tingel.

Shimrra faisait référence à une zone de la bordure de la galaxie ciblée, dans laquelle la Garde Prétorienne Vong avait entamé la conquête des planètes infidèles. Malgré plusieurs succès dans la préparation des planètes Belkadan et Sernpidal à leur projet, les natifs avaient su exploiter une faille dans le plan de la Garde. La base d’Helska IV avait été détruite, entraînant la mort d’un jeune yammosk et la flotte Prétorienne avait été dispersée et pourchassée. Igey regrettait la défaite des Prétoriens au sein desquels il y avait une forte propension d’intendants. La débâcle était la parfaite occasion pour la caste des guerriers pour gagner en influence. Le Seigneur Suprême fit un geste en direction des courtisans qui composaient l’assemblée derrière Igey.

- Tous ces gens s’accordent à dire que les infidèles ont simplement eu de la chance. Sans pour autant donner trop de crédit à la valeur de leur guerriers, je serais plus prudent en disant qu’ils on habillement su profiter d’une opportunité. Ils se sont montrés plus rusés et plus combatifs que nous nous y attendions. Cette erreur nous aura coûté bien plus cher qu’il ne l’aurait du.

Igey ne put qu’approuver en silence l’analyse de Shimrra.

- C’est pourquoi, reprit il, il me semble judicieux d’utiliser nos forces de façon plus judicieuse. Je n’ignore pas que vous convoitez depuis plusieurs années un poste sur le terrain pour la préparation de notre conquête, une affectation que vous n’avez jamais pu obtenir malgré vos excellents états de service.

- Mon ambition personnelle n’a pas a entrer en ligne de compte Seigneur.

- En principe vous avez raison, mais il faut savoir récompenser ses meilleurs éléments quand ils le méritent. Il est bien regrettable que vous n’ayez pas été employé à des missions de déstabilisation et d’espionnage comme l’Exécuteur Nom Anor a pu l’être pendant ses quinze dernières années.

L’intendant serra les poings de rage à l’évocation de ce nom. Anor et lui étaient rivaux depuis toujours et Igey ne lui avait jamais pardonné d’avoir été envoyé en mission dans la galaxie des infidèles. Un rôle autrement plus prestigieux que de garantir l’approvisionnement des vaisseaux mondes.

- Vous garderez votre rang d’Exécuteur mais serez dorénavant envoyé en éclaireurs sur les mondes infidèles que nous convoitons afin de préparer et de faciliter leur conquête par les guerriers.

Igey n’en revenait pas, voilà une décision qu’il attendait depuis des lustres. Que cette mission lui soit confiée par Shimrra en personne renforçait encore sa fierté. Ses projets d’évolution dans la hiérarchie avaient enfin l’occasion de se mettre en place. Il lui suffisait de ne pas décevoir le Seigneur Suprême.

Celui ci leva les bras de son trône et tous dans l’assemblée se demandèrent ce qu’il allait faire. Il porta ses mains à son cou et attrapa un collier finement travaillé, garni de nombreuses pierres précieuses et le retira. Il le brandit devant lui à la vue de tous. Tous les courtisans retinrent leur souffle devant ce geste, ce collier était, à l’instar du Sceptre du Pouvoir, l’un des attributs du Seigneur Suprême des Yuuzhan Vong. Le fait qu’il le retire n’était pas un événement banal.

- Cette relique aurait du être confiée à Nom Anor, expliqua Shimrra, mais malgré le succès de sa mission de diversion sur Rhommamool, il est impossible d’ignorer son association avec le Préfet Da’Gara et la Garde Prétorienne. Igey Domaine Shul, je vous confie ce collier. Il s’adressa ensuite à plus haute voix, afin que tous les hommes et femmes présents soit témoins de l’annonce. Remettez-le et ainsi tous les Yuuzhan Vong seront que vous êtes désormais mon envoyé personnel au sein de la galaxie que les dieux nous on offert. Tous guerriers, tous prêtres ou tous modeleurs, quelque soit son rang et sa mission devra, au besoin, vous porter assistance dans l’accomplissement de la votre.

Shimrra confia le bijou à un serviteur qui alla immédiatement le placer autour du cou d’Igey qui s’inclina pour recevoir le présent. L’Exécuteur jubilait intérieurement. Les événements dépassaient ses espérances. La relative disgrâce d’Anor s’ajoutait à son bonheur. Il demeura un instant penché en avant, espérant ainsi masquer le sourire mauvais qu’il affichait.

Son ambition récompensée,

Sur lui doit veiller Yun-Harla.

Son adversaire désarçonné,

Finit de le remplir de joie.

L’Exécuteur fronça les sourcils. La voix gutturale et torturée provenait du trône mais Shimrra ne pouvait les avoir prononcé. Il ne pouvait alors s’agir que de… Oui, là caché derrière le siège. Cette silhouette accroupie qui même à demi dissimulée dans l’ombre du Seigneur Suprême, pouvait difficilement cacher sa laideur. C’était bien Onimi, le honteux que Shimrra avait étrangement pris en affection et qu’il autorisait à rester à ses cotés. Ses yeux jaunes étincelants se braquèrent sur lui et ses lèvres déformées se tordirent en un sourire qui l’enlaidissait plus que de coutume. Igey grimaça de dégoût quand le honteux s’approcha de lui et reprit :

Les faveurs du Seigneur Suprême,

Il se réjouit de recevoir.

Le grand Shimrra, celui la même,

Qu’il ne devra pas décevoir.

Il foudroya Onimi du regard et tout en le maudissant se demanda comment diable ce vermisseau pouvait en savoir aussi long sur la haine qu’il vouait à Nom Anor. Shimrra mit fin à ses réflexions en chassant Onimi avec son sceptre. Le honteux battit rapidement en retraite derrière le trône.

- L’Exécuteur Shul sait pertinemment quels sont désormais ses devoirs envers moi, ajouta le souverain. Echouer ne fait pas partie des possibilités.

Igey croisa les bras et se frappa les épaules des poings.

- Belek tiu ! Je suis à vos ordres, conclut il.

12 juin 2007

La Femme qui Murmurait à l’Oreille des rancors -Fin

Cinq jours plus tard, AllyaPort. 

Nevan et Seïthra attendaient sur le tarmac du spatioport. Derrière eux, le Vicky avait été sortit de son hangar pour un départ imminent. A l’intérieur, Hoys, assisté par son exaspérante I.A, préparait l’appareil au décollage. Le jeune homme avait retrouvé une tenue citadine décontractée mais force était de constater que sa compagne avait totalement changé de look. En lieu et place des tenues traditionnelles Dathomiriennes, elle avait adopté des vêtements plus modernes, qui sans être véritablement fashion[1], ne la faisaient plus passer pour une pauvre fille de la campagne, sortie tout droit de sa planète paumée de la Bordure Extérieure. Ce qu’elle était dans le fond, mais au moins maintenant, elle n’en avait plus l’air. Bien que la tenue soit assez sage, Nevan la trouvait plutôt sexy habillée ainsi. Cependant il s’était bien gardé de le lui dire pour les raisons que l’on imagine.

Mais que diable s’est il passé depuis la fin prématurée de Wyrdon, Sœur de la Nuit de son état, dans les sous-sols d’une ancienne prison impériale ?

Et bien le petit groupe, sous la direction de Tren, avait occupé deux jours durant la forteresse pour emporter le butin qu’ils étaient venus originalement chercher. Ils avaient d’abord du se soigner les uns les autres car si le combat contre Wyrdon et ses sbires n’avait pas occasionné de traumatismes graves, il y avait pas mal de contusions et de bleus ainsi qu’une côte cassée pour Nevan suite au coup de matraque qu’il avait encaissé. Ils avaient ensuite eu pour macabre tâche de rassembler les cadavres humain dans la chambre froide des cuisines en attendant mieux. Pour le rancor, ils avaient bizarrement estimé qu’il était bien là ou il était. Tren était alors reparti vers la ville en landspeeder pour ramener de quoi transporter les armes restantes. Seïthra, qui ne voulait plus voir ces armes dans les parages, avait accepté de filer un coup de main à Nevan et à Hoys pour en faire un premier inventaire et le sortir de l’entrepôt souterrain ou elles étaient stockées[2].

Quand Tren était revenu, un jour et demi plus tard avec un convoi de skimmers conduits par des « amis à lui », les trois compères se tutoyaient et se considéraient comme des amis suite à leur aventure. Hoys et Nevan avait décidé de s’associer et de voyager ensemble pour vivre de donjons, de diverses rapines et de butins comme toute bonne compagnie d’aventuriers qui se respecte. Ils avaient toutefois été surpris quand Seïthra avait demandé à intégrer le groupe et de suivre elle aussi une carrière d’aventurière. Aux vues de ce qu’elle était capable de faire, les deux hommes ne se le firent pas dire deux fois et acceptèrent avec joie. Il fallait croire qu’en plus de sa volonté déjà forte de quitter Dathomir, l’influence d’un contrebandier occasionnel, d’un roublard retraité reconverti dans la banque et d’un voleur professionnel, lui avait donné le goût de l’argent facile.

Au moment de quitter la forteresse, Seïthra s’était temporairement séparée de ses compagnons. Avec le landspeeder que Tren lui avait confié, elle rentra chez elle, dans son clan. Reçues devant le Conseil des Aînées, elle fit son rapport sur le succès de sa mission. Les sorcières furent soulagées de savoir Wyrdon et ses mercenaires morts et encore plus de savoir les armes impériales quitter leur montagnes pour être dispersées dans la galaxie. Seïthra resta volontairement vague concernant ses amis et se contenta de révéler que trois hommes, venus de la ville, lui avaient porté assistance et que c’était ces même personnes qui avaient emporté les armes. Les sorcières tentèrent d’en savoir plus, mais la jeune femme refusa de révéler leur identités.

Pour finir, elle leur avait fait part de sa décision de quitter le clan et la planète pour visiter la galaxie, sans vraiment dévoiler ce qu’elle comptait y faire. Certaines des vieilles femmes se désolèrent de cette décision tandis que d’autres étaient plus enclin à dire « Bon vent ! », mais aucune ne tenta de l’en dissuader. Cela faisait de nombreuses années que les sorcières de Dathomir n’étaient plus isolées sur leur planète. Depuis que l’Académie Jedi de Skywalker avait ouvert sur Yavin IV, de jeunes novices quittaient régulièrement leurs familles pour apprendre l’enseignement des Jedi. Seïthra eut un entretien en privé avec sa mère pour lui dire au revoir puis quitta le village. Elle retrouva ses trois compagnons d’aventure une quinzaine d’heures plus tard à Allyaport, alors que ceux ci avaient stockées le butin dans un entrepôt loué par Tren. Ils avaient ensuite passé deux jour en ville pour y faire un inventaire précis, discuter du partage et prendre un peu de bon temps avant leur départ. Les trois nouveaux associés attendaient maintenant une ultime visite de Tren.

Les deux jeunes gens aperçurent le véhicule du banquier approcher. Nevan sortit son comlink et demanda à Hoys de descendre sur la piste. Quelques secondes plus tard, il arriva à leur cotés tandis que le landspeeder se garait devant la navette. Tren en sortit, les bras chargés de trois mallettes, trois attaché-case noires dont la vue tira un large sourire à Nevan.

- Ca va comme vous voulez les jeunes ?

Ils le saluèrent chacun à leur tour. Le vieil homme avait retrouvé son costume d’homme d’affaire et Nevan dut avouer qu’il lui allait comme un gant.

- Bien récapitulons : Nous avons une somme en liquide trouvée dans le coffre de Wyrdon s’élevant à cinq cent soixante-dix mille crédits, plus le reste du stock d’armes et de munitions de fabrication impériale d’une valeur estimée à deux cent quatre-vingt mille crédits. Ce qui nous fait un total de huit cent cinquante mille. Divisé en quatre parts égales, cela ferait dans les deux cents douze mille par personne. Etant donné que j’accepte de conserver les armes pour les revendre, je m’octroie avec votre accord un bonus de quinze pour cent, ce qui fait que la part qui me revient est d’environ deux cent quarante trois mille et que les vôtres sont d’approximativement deux cent deux mille crédits. Je vous demande de me faire confiance pour les « environ » et les « à peu près », les mallettes contiennent les sommes exactes.

Il tendit un attaché-case à chacun des trois associés qui le remercièrent chaleureusement. Le sourire de Nevan s’agrandit quand ils soupesa l’objet.

- C’est à vous que je devrais dire merci. Sans vous, tout ce pognon aurait été gaspillé dans un vaine tentative de coup d’état, ca aurait été bien dommage.

- Quand même, souligna Nevan, sortir d’un boulot bien pépère et qui rapporte pour aller crapahuter dans les donjons… Est ce bien sérieux à votre âge ?

- Je me le demande encore. Alors c’est décidé, vous partez ensemble ?

- C’est réglé, confirma Seïthra. Hoys se contenta d’approuver d’un hochement de tête.

- Ca me rappelle ma première compagnie avec ton père, Nevan. Tu le salueras de ma part quand tu le verras.

- C’est promis Tren.

Ils se dirent au revoir puis Seïthra, Nevan et Hoys montèrent à bord du Vicky. La passerelle d’embarquement se releva et quelques minutes plus tard, la navette s’éleva sur ses répulseurs, survola le spatioport à vitesse réduite. Enfin le pilote enclencha ses moteurs subluminiques et la vaisseau disparut rapidement de la vue du vieil homme.

-         Bonne chance et n’en faites pas trop…

FIN DU PREMIER EPISODE 

Nevan et ses amis reviendront bientôt dans leur prochaine aventure :

Le Collier de Shimrra


[1] Essayez donc de trouver une boutique Dior ou Chanel en plein milieu de Saint-Alban-sur-Limagnole, sympathique bourgade de 1950 habitants dans la Lozère, célèbre pour son église et son château du XIème siècle.

[2] Vous pourrez noter à ce stade de l’histoire que disposer d’un utilisateur de la Force conciliant quand on manque cruellement d’un chariot élévateur, peut agréablement vous changer la vie.

9 juin 2007

La Femme qui Murmurait à l’Oreille des Rancors - partie 14

Après s’être débarrassé de son premier adversaire, Nevan s’apprêta à attaquer le mercenaire suivant. Celui la même qui avait découvert les joies de l’apesanteur grâce à la complicité de Seïthra. Il voulut profiter de l’opportunité pour le tuer aussi rapidement que le précédent mais cette fois ci, la surprise était passée et les réflexes du soldat reprirent le dessus. Il saisit le bras du voleur, lui agrippa le col et dans un même mouvement le souleva du sol, le fit passer par dessus lui et le relâcha. Nevan retomba lourdement contre le sol en béton, un événement fort douloureux pour son dos. Malgré le choc, il parvint à conserver son arme en main, ce qui lui sauva la vie quand dans un réflexe il fit voler en éclat le blaster que le mercenaire braquait sur lui. Il se releva mais son mouvement fut ralenti par l’engourdissement et son ennemi en profita pour saisir une matraque paralysante et l’activer.

Nevan prit l’initiative et frappa le premier mais son coup fut aussitôt paré, comme tous les suivants. Son arme n’était pas vraiment faite pour livrer un duel, mais le guerrier arrivait à compenser ce handicap par son expérience du combat. Puis ce fut au tour du mercenaire de passer à l’attaque et Nevan se retrouva sur la défensive, se contentant d’esquiver et de parer du mieux qu’il pouvait. Rapidement, l’homme trouva une faille dans la défense de Nevan et lui asséna un coup de matraque vicieux dans les côtes. Le coup fut violent mais pas autant que la décharge d’énergie qui lui parcoura le corps. Aussitôt il perdit toute sensation et tomba par terre, ses muscles refusant de lui obéir. Etendu au sol et paralysé, Nevan arrivait à peine à tourner la tête et à garder les yeux ouverts.

Il se sut foutu quand il vit le mercenaire ramasser sa propre épée pour l’achever. Le jeune homme entendit crier son nom et l’instant d’après une pluie de laser s’abattait sur l’homme en armure. Le fusil blaster réglé sur tir continu, Hoys vidait son chargeur sur le soldat. Résistante, la protection le sauva des premiers rayons, mais ne supporta pas la tempête de feu infligée par le Nautolan. Les tirs percèrent l’exosquelette et lui carbonisèrent le torse et l’abdomen. Soulagé, Nevan chercha du regard son sauveur pour lui signaler sa reconnaissance. Hoys hocha brièvement la tête mais eu bientôt fort à faire avec le dernier mercenaire qui avait repris ses esprits suite à l’explosion de la grenade et qui maintenant le canardait, retranché derrière une table renversée. Hoys était vraiment un bon tireur, aussi vif dans l’action qu’il était lent dans le réflexion. Il lui suffit d’une fraction de seconde où son adversaire émergeait de son abri, pour le cueillir d’un tir magistral en pleine tête.

Nevan reporta alors son attention vers le fond de la salle ou les deux adeptes de la Force avaient donné une nouvelle dimension à leur duel. Les deux femmes déchaînaient toute leur puissance. Des dizaines d’objets de toutes tailles étaient pris dans une sorte de maelstrom et tournoyaient en l’air à toute vitesse autour des deux combattantes. Au milieu de ce cercle, les sorcières virevoltaient, esquivaient, attaquaient, usant tour à tour de décharges de télékinésie et de vagues d’éclairs qui leurs sortaient des doigts. Nevan comprit enfin toute la portée du pouvoir de sa jeune amie et cette révélation l’effrayait. A quelques mètres d’elles, il vit Hoys qui semblait hésiter, se demandant sûrement comment assister au mieux Seïthra. Cela ramena Nevan à la réalité. Subjugué par le combat il en avait oublié qu’il était concerné. Il parcourut l’atelier du regard pour savoir ce que faisait Tren mais ne le trouva pas. Inquiet pour l’ami de son père, il mobilisa toute sa volonté et lutta contre la paralysie pour saisir son blaster.

Hoys finit par se décider, il introduisit une nouvelle cellule d’énergie dans son arme et courut pour se poster à proximité du champ de bataille. Il suivit les mouvements de Wyrdon avec son blaster et ouvrit le feu à travers le flux d’outils et de pièces détachées tourbillonnantes. Mais la Sœur de la Nuit avait pressentie l’attaque. Une sorte de bidon se sépara du reste des objets volants et intercepta les tirs.

- Dégage minus !

Elle leva un bras vers lui et une pluie de pièces métalliques le frappa au visage et à la poitrine. Seïthra vit le Nautolan tomber et se déconcentra l’espace d’une seconde. Wyrdon saisit l’occasion et lui administra une pleine volée d’éclair de Force, la projetant violemment dos contre le mur. La décharge l’avait touché de plein fouet et Seïthra était incapable de réagir tant elle avait l’impression que les nerfs de son corps se consumaient littéralement.

- J’ai gagné, jubila Wyrdon avant d’envoyer une nouvelle vague d’éclairs sur son adversaire vaincue. Ce sont toujours les plus forts qui gagnent. Les catins de ton clan s’en rendront compte quand je les enverrais une à une dans l’Autre Monde.

Hoys voulut se relever mais Wyrdon s’en aperçu du coin de l’œil.

- Couché !

Le colosse se figea brusquement, s’étranglant sans raison apparente, et cela semblait fortement plaire à la Sorcière qui avait une lueur gourmande dans les yeux. Elle sourit et s’adressa de nouveau à Seïthra :

- Tu vois, ce sont toujours les plus forts qui gagnent…

Il y’eu un flash, aussi bref que silencieux. Elle s’interrompit au milieu de sa phrase, ses yeux se révulsèrent et elle tomba au sol, raide morte. Sa tempe avait complètement brûlée et Seïthra grimaça en pensant aux dégâts que son cerveau avaient du subir. Elle tourna la tête et aperçu Nevan qui dans le même état qu’elle, avait réussi à soulever son blaster pour abattre la Sœur de la Nuit.

- …ou les plus sournois aussi, conclut il avec un clin d’œil vers la jeune femme.

Elle lui répondit d’un sourire. Le jeune homme soupira de soulagement, posa son arme et leva le poing en l’air triomphant.

- Headshot, cria t’il, coup critique, relance tes dégâts.

22 mai 2007

La Femme qui Murmurait à l’Oreille des rancors - partie 13

Quand le groupe se fut de nouveau rassemblé, Seïthra brisa la glace et révéla ce qu’elle avait senti depuis plusieurs minutes.

- Wyrdon est quelque part, derrière ses murs. Je la sens.

Les trois hommes se regardèrent, saisissant la gravité de la situation[1]. Suite à cette nouvelle, Tren préféra prendre quelques instants pour remotiver ses troupes, plutôt que de mener un groupe désorganisé affronter un adversaire des plus délicat.

- C’est le moment de conclure. Bon… le fait qu’on ai affronté une succession d’ennemis isolés prouve que Wyrdon nous a largement sous-estimé. Maintenant qu’on a descendu sa bébête de compagnie, elle ne devrait plus faire la même erreur. On est attendu et on se prépare à tomber dans un piège.

- Elle n’est pas seule, rappela Nevan, on a vu quatre autres gus sur les caméras de sécurité et ils avaient l’air d’une autre trempe que ceux qu’on a butté jusque là.

- Wyrdon est à moi, intervient la sorcière, j’en fait mon affaire.

- C’est bien ce que j’imaginais de toute manière, vous êtes la seule à pouvoir lui tenir tête. Hoys, couvrez-là et ne la quittez pas d’une semelle. Sans elle on a pas la moindre chance.

- Euh… ouais. D’ac.

- Nevan, toi et moi il faudra qu’on déniche ses portes flingues pour la laisser se concentrer sur la Sœur de la Nuit.

- Ca roule.

Le jeune voleur inspecta brièvement la porte et n’y trouvant rien à redire, actionna la commande d’ouverture et pénétra dans un corridor d’à peine trois mètres de longueur débouchant sur un pièce de taille moyenne. La salle, plongée dans une semi pénombre était un atelier, remplit d’étagères, d’établis et de caisses de matériel, tout ce dont il avait besoin pour se mettre à couvert. Il y’avait toutefois une large espace dégagé au centre, endroit parfait pour une embuscade. Néanmoins il se dit qu’il était temps de « tomber » dans le piège qu’on leur avait dressé. Nevan ne détecta aucun mouvement et ne perçut aucun bruit trahissant une présence. Il se retourna vers Seïthra et désigna la pièce d’un index. Elle répondit d‘un hochement de tête signifiant, comme ils s’y attendaient, que la salle n’était pas si déserte qu’il n’y paraissait. Communiquant par gestes, les membres de l’équipe établirent leur stratégie d’approche. Nevan et Tren furent les premiers à s’engager et se séparèrent de part et d’autre de l’entrée pour couvrir les flancs. Le jeune homme dégaina blaster et vibro-lame mais n’activa pas cette dernière pour ne pas que le bruit produit par les vibrations de la lame ne trahisse sa position. Après quelques secondes d’observation Tren fit signe à Hoys et Seïthra d’avancer au centre de l’atelier. Le Nautolan prit la tête et surveillait les alentours, fusil blaster en joue. Derrière lui Seïthra chuchotait le plus bas possible pour invoquer un sort décuplant sa perception. A peine son sort fut finit qu’elle détecta quelque chose et que les évènements se précipitèrent.

Elle trouva immédiatement la présence de Wyrdon. Elle était déjà en train de les surveiller grâce au Coté Obscur et tentait maladroitement de camoufler sa présence. D’une pensée elle communiqua la position de leurs adversaires (deux hommes en embuscade de chaque coté de l’allée centrale) à ses compagnons et s’agenouilla derrière son protecteur pour recréer le bouclier de Force qu’elle avait déployé contre le droïde sonde. Au même moment, des tirs de laser fusèrent de part et d’autre du duo mais furent dispersés par la protection « magique ». Tren et Nevan profitèrent du chaos pour remplir leur rôle.

Ils tombèrent chacun rapidement sur un premier mercenaire en armure lourde occupé à tirer sur la sorcière et le Nautolan. Tren pointa son blaster et ouvrit le feu. Malheureusement ses tirs imprécis s’écrasèrent sur la plaque dorsale de l’armure sans causer la moindre blessure. L’homme abandonna ses cibles et retourna contre le banquier le canon de son fusil. Tren se réfugia derrière un établi juste avant qu’une série de rayons laser ne frappent l’endroit ou il se trouvait une demi seconde plus tôt. Les étincelles et les flammèches produites par les rafales enflammèrent sa manche. Pris de panique, le vieil aventurier négligea son adversaire et tapa sur ses vêtements pour éteindre les flammes. Le mercenaire en profita et bondit sur Tren pour le plaquer au sol. La collision leur fit lâcher leurs armes. Se sachant largement dominé par un adversaire plus fort physiquement, Tren ne tenta pas de lutter et se laissa saisir par son ennemi. Il profita du corps à corps pour se saisir d’un poignard caché au niveau de sa ceinture et qu’il planta dans l’aisselle de l’homme, juste à l’endroit ou l’armure présentait une faille. Le soldat cria et relâcha son emprise. Tren se dégagea, et en profita pour tenter de porter un autre coup. L’homme était bien entraîné et surmonta la douleur. Du bras blessé, il para l’attaque et de l’autre riposta d’un crochet en pleine figure. Tren tomba et roula au sol. Certain d’avoir gagné le duel, le mercenaire s’autorisa quelques secondes de répit avant d’achever le vieil homme. Mal lui en pris car Tren eut le bonheur de tomber pile là ou son blaster s’était perdu. Sa tête le tournait et il luttait contre l’évanouissement mais il parvint à se saisir de l’arme et à tirer dans le visage du mercenaire, l’endroit le plus exposé de son anatomie car non couvert par son casque. L’homme mourut sur le coup mais Tren n’en vit rien puisqu’il tomba aussitôt dans les pommes.

De son coté, le combat de Nevan fut beaucoup plus rapide. Il tenta aussi sa chance avec son blaster mais n’eut pas plus de succès que son aîné. Il délaissa le pistolet et chargea avec sa vibro-lame avant même que le soldat ne commence à réagir. Celui ci tenta d’utiliser sa carabine comme une massue et voulut frapper Nevan au visage. Le jeune homme passa sous sa garde et porta un coup d’estoc d’une précision effrayante. La lame se planta au niveau de la hanche, là ou deux plaques d’armures se rejoignaient et laissaient juste la place pour une lame de s’y engouffrer. Le mercenaire n’eut même pas le temps de s’effondrer que le voleur lui tranchait la gorge.

Protégé par les pouvoirs de sa compagne, Hoys ignorait les tirs qui lui était destinés et lança une grenade derrière une pile de caisse là où la Dathomirienne avait localisé un troisième ennemi. Puis il se retourna et concentra ses tirs sur la position du dernier soldat. L’homme menacé par l’explosif n’était pas un bleu. Il ne perdit pas de temps à retrouver la grenade et plongea entre deux meubles pour se protéger de l’explosion. Seïthra profita qu’Hoys et elle n’étaient plus pris en tenaille et utilisa sa magie pour débusquer le dernier tireur. Flottant en l’air et ne comprenant pas bien ce qu’il lui arrivait, le mercenaire émergea de son abri. Hoys tenta de lui tirer dessus mais son arme lui fut arrachée par une force invisible. L’instant d’après, le soldat d’élite était libéré par une volonté plus forte que celle de Seïthra et retomba par terre. La jeune femme comprit que Wyrdon était entré en jeu et qu’elle devait réagir au plus vite. Elle profita que les deux mercenaires étaient temporairement hors course pour quitter Hoys et foncer vers le fond de la salle.

Là à moitié camouflée par des étagères encombrées, la Sœur de la Nuit invoquait ses pouvoirs. Sous sa capuche, Seïthra aperçu le visage de son ennemie. Son âge était difficile à déterminer mais elle ne devait pas avoir plus d’un trentaine d’année. Malgré ca, son visage était couvert de tâches sombres, signe que des vaisseaux avaient éclatés sous sa peau. Peau qui par ailleurs était d’une pâleur extrême, presque grisâtre. Les pupilles de ses yeux affichaient une teinte jaune orangée, rien de très naturel chez l’être humain. Grâce aux récits de ses aînées, elle reconnut les signes d’une utilisation prolongée du Coté Obscur.

Wyrdon projeta sa puissance vers sa rivale qui l’imita dans l’instant. Les deux femmes se retrouvèrent face à face, les bras tendus l’une vers l’autre, cherchant à prendre le dessus dans ce duel de Force.

- Minable ! cracha Wyrdon. Le clan de la Montagne que Chante est si désespéré qu’il envoie une pauvre petite débutante contre moi.

- On en reparlera quand je t’aurais latté la tronche.

- Pauvre folle, tu n’es pas à la hauteur. Je te tuerais et je tuerais toutes celles que ton clan de faiblardes m’enverra. Ensuite ca sera un jeu d’enfant de vous exterminer quand j’aurais levé une armée et rassemblé mes sœurs.

Seïthra comprit que le duel était inégal et que Wyrdon la surclassait, de peu, mais suffisamment pour lui faire mordre la poussière. Elle devait pourtant tout faire pour empêcher la sorcière sombre de se mêler au combat qui se jouait dans son dos. Elle devait offrir à ses compagnons suffisamment de temps pour se débarrasser des mercenaires et venir lui prêter main forte. Avec leur aide, elle triompherait.


[1] Sauf Hoys, bien entendu.

26 avril 2007

La Femme qui Murmurait à l’Oreille des Rancors - Partie 12

Le groupe reprit sa route à travers le sous-sol de la forteresse à la recherche de la maîtresse des lieux. Le long tunnel dans lequel ils avançaient depuis le début offrait régulièrement la possibilité d’explorer un dédale de nouvelles salles mais Seïthra localisait la présence de leur adversaire principale quelque part au bout de ce couloir souterrain. Ils purent constater que le couloir s’élargissait peu à peu pour déboucher devant une large porte blindée. La Sorcière se figea alors qu’elle s’en approchait et son regard sembla transpercer la lourde porte de métal.

- Il y’a quelque chose la derrière, les prévint-elle, quelque chose de puissant et dangereux.

- Wyrdon ? demanda Nevan.

- Non. Je ne ressens pas cette haine froide et calculatrice qu’on trouve chez les Sœurs de la Nuit. C’est quelque chose de plus primitif… c’est plus une colère alimentée par la crainte de quelque chose.

- OK, alors haut les flingues tout le monde, ordonna Tren, la surprise n’est plus dans notre camp. Nevan ?

Tren attendit d’avoir l’aval de Nevan pour faire basculer le levier commandant l’ouverture de la porte. Celle ci se souleva et l’appel d’air créé ramena aussitôt vers eux une odeur forte qui sembla étrangement familière à Seïthra. L’obscurité qui régnait dans cette salle obligea les aventuriers à sortir des lampes torches de leurs sacs à dos pour espérer distinguer quoique ce soit dans les ténèbres environnantes. Armes aux poings, ils avancèrent prudemment en balayant la pièce du faisceau de leurs lampes et en partageant leurs observation à voix basse. La salle semblait être dotée d’une surface et d’une hauteur importante. Ils virent un amoncellement de pièces détachées entassées dans un coin, parmi lesquelles Hoys reconnu du matériel militaire impérial. Nevan sursauta quand il braqua sa lampe sur une silhouette massive et carrée évoquant dans les ténèbres, la tête d’une créature géante. Il se rassura en constatant que ce n’était que le cockpit d’un bipode d’exploration impérial qui reposait sans ses jambes sur le sol. Ils comprirent alors qu’ils étaient entrés dans le hangar ou la garnison impériale conservait et entretenait autrefois ses véhicules de combat terrestres. D’après ce qu’ils pouvaient voir, le hangar était de forme rectangulaire et la porte par laquelle ils étaient entrés était située sur la longueur de la pièce tout près d’un des quatre coins. Alors qu’ils avançaient à tâtons vers l’autre extrémité de la salle, l’odeur qu’ils avaient sentis peu auparavant se fit de plus en plus perceptible. La jeune sorcière était absorbée dans ses pensées, cherchant dans ses souvenirs pourquoi cette odeur particulière lui était si familière. Ce fut un grondement sourd et animal qui répondit à ses interrogations.

- Et merde, fit elle.

- C’était quoi ca ? s’inquiéta Hoys.

- Un rancor, sinon rien…

Tren braqua sa lampe vers le fond du hangar, le fouilla quelques instants avant d’éclairer une haute et massive silhouette en train de se relever. La créature devait dormir et l’intrusion du petit groupe l’avait réveillée. Elle déployait son corps puissant et lentement se retourna vers les intrus avant de pousser un rugissement terrible. Seïthra se concentrait pour créer un lien télépathique avec le rancor mais lâcha prise au bout d’un instant alors que la bête s’avançait lentement vers eux.

- Seïthra, qu’est ce que vous foutez, cria Tren, je croyais que vous pouviez contrôler ces bestioles.

- Oui bien sur, celles qui ont été sont nées et ont été élevées dans nos clans, railla t’elle, et surtout celles dont l’esprit n’a pas été pervertit par une Sœur de la Nuit timbrée et malfaisante.

- Qu’est ce qu’on fait alors ? demanda Nevan alors que le monstre n’était plus qu’à quelques mètres.

- On la descend !

Nevan éteignit brutalement sa lampe, disparaissant à la vue de tous. Hoys et Tren firent cracher le feu de leurs blasters et touchèrent plusieurs fois le rancor sans parvenir à lui infliger de profondes blessures tant le cuir de sa peau était épais. De son coté, Seïthra criait une incantation tandis qu’elle avait ramenée près de sa hanche, ses mains qu’elle avait joint au niveau de ses poignets. De ses doigts sortaient des éclairs bleus blancs qui se concentraient entre ses paumes en une boule d’énergie brillante

- Kah… Mey… Ha… Mey… HAAAAAA !!!!!

Elle tendit soudainement ses mains vers la tête de la créature et la boule d’énergie fusa en un éclair vers sa cible. Elle éclata au niveau de sa gueule en un flash aveuglant qui obligea les aventuriers à fermer les yeux. Quand ils les rouvrirent, ils s’aperçurent que la bête avait salement dégusté. La peau de son visage, fumante et gravement brûlée, était encore parcourue de petits éclairs résiduels apparaissant ça et là. En revanche, si cette attaque avait portée, la fureur du rancor semblait avoir doublée et celui ci contre-attaqua immédiatement. D’un ample revers, il tenta de frapper Tren et Hoys mais n’y réussit qu’à moitié. Tren attrapa le Nautolan et le plaqua au sol avec lui. La présence d’esprit du vieil homme leur sauva la vie puisqu’ils évitèrent ainsi le gros de l’attaque et ne furent touchés que par un seul doigt de la gigantesque gifle. Le choc suffit quand même à les faire rouler sur plusieurs mètres, sonnés. Fort de ce succès, l’animal se retourna vers la source de ses souffrances, la jeune sorcière qui maintenant reculait en réfléchissant à toute vitesse auquel de ses sorts pourrait lui sauver la vie.

L’un comme l’autre avait toutefois négligé un détail important ; quatre personnes étaient entrés dans l’antre de la créature alors que seulement trois s’étaient jusque là frottées à elle. Ce fut à ce moment que Nevan rappela au monstre sa présence en portant un coup de sa vibro-lame au niveau de la jointure entre sa patte et son corps. Il avait discrètement contourné la créature et s’était glissé sous sa queue et entre ses pattes pour frapper un point sensible. La lame vibrante trancha aisément muscles et tendons et le rancor poussa un nouveau rugissement de douleur. La patte blessée sembla ne plus être capable de supporter le poids de la bête et tandis que Nevan se dégageait prestement de sous son corps, il espéra qu’elle tomberait au sol.

L’animal ne lui fit pas se plaisir et au prix d’un terrible effort parvint à tenir debout. Toutefois, leur adversaire ne pouvait presque plus bouger sa patte blessée et se retrouvait donc immobilisé. Il jeta un coup d’œil dans la direction de la jeune sorcière et vit qu’elle préparait déjà un nouveau sortilège. Compte tenu du résultat de sa première intervention, il décida qu’il n’était pas très sage de rester dans les parages et courut se réfugier près de ses deux amis tombés à terre qui tentaient maintenant de se remettre sur pieds. De son coté Seïthra avait maintenant le bras tendu vers le rancor et ses doigts semblaient serrer très fortement un objet invisible. Son visage dégoulinait de sueur tant l’utilisation de ce pouvoir semblait lui pomper de l’énergie. Le monstre n’était pas en reste puisqu’il donnait l’impression de s’étouffer, ramenant l’une des ses mains vers sa gorge dans un geste très humain, tandis que l’autre fouillait péniblement le sol à la recherche d’un objet pouvant faire office d’arme. Il tomba sur un long morceau de tuyau métallique qu’il saisit et tenta de lancer sur la sorcière. Les trois hommes réagirent instantanément et firent feu de leurs blasters sur le bras tenant l’arme improvisée. Les tirs concentrés sur un même endroit parvinrent à brûler suffisamment la peau du rancor pour qu’il lâche prise. A ce moment là, Seïthra poussa un dernier cri et on entendit un craquement d’os provenant du cou de l’animal. La jeune femme relâcha sa concentration et le rancor s’effondra totalement inerte.

- Bien joué Seïthra, la félicita Tren, vous venez de nous sauver les miches.

- Ouais, t’as assuré, ajouta Hoys.

Nevan quant à lui leva son pouce en l’air et lui adressa un clin d’œil pour lui signifier son admiration. L’intéressée ne put répondre tant elle était essoufflée et se contenta de leur sourire. Elle s’assit à même le sol pour retrouver ses forces. Les quelques minutes suivantes, Tren et Hoys explorèrent le reste du hangar. Ils découvrirent une nouvelle issue ainsi qu’une paire de monte-charge très imposants destinés à remonter les bipodes impériaux à la surface. Ils en déduisirent en toute logique que c’est par cette voie que le rancor avait été amené sous terre. Nevan se rendit auprès de Seïthra et offrit à la jeune femme de boire à sa gourde pour récupérer.

- C’était sacrément impressionnant cette boule de lumière que vous lui avez balancé à la gueule, lui dit-il, qu’est ce que c’était ?

- C’est un truc que j’ai inventé, c’est dérivé des éclairs de Force utilisés par les Sœurs de la Nuit. C’est plus puissant mais ca pompe beaucoup plus de forces. J’ai appelé ça la Vague Déferlante. Bien trouvé non ?

- Ouais plutôt… Mais vous risquez pas de passer du coté méchant de la Force en faisant ça ?

- Le Coté Obscur ?

- Ouais, obscur.

- Je me pose pas vraiment la question en fait…

- Ok, de toute façon vu le résultat, difficile d’y trouver à redire.

- Exact. Et si on arrêtait le « vous », ca serait pas mieux ? On a dézingué un streum ensemble, ca crée des liens non ?

- Ca marche, mais celui ci compte pour toi.

Il aida la sorcière à se relever et ensemble ils rejoignirent leurs deux compagnons qui les attendaient devant la nouvelle porte.

4 avril 2007

La Femme qui Murmurait à l’Oreille des Rancors - partie 11,5

Suite à un commentaire de Pokannicknow, un lecteur (peut être même le lecteur ^^) de ma fan-fiction, où il me faisait remarquer que les personnages étaient “un peu trop doués”, je me suis rendu compte qu’il avait vu juste et qu’il me fallait rectifier le tir. Comme le ton de cette histoire pourrait se décrire comme sérieux-mais-pas-trop, je me suis permis de reporter la publication de la suite de l’histoire pour y glisser un petit intermède répondant à la suggestion de Pokannicknow.

Voila, c’est sa faute, plaignez-vous à lui maintenant…

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Fort de ce nouveau succès, ils partirent à l’assaut du reste du donjon avec enthousiasme. Moins d’une minute plus tard, Nevan s’arrêta au milieu du tunnel et observa le sol. Curieux de savoir ce qui avait retenu l’attention du voleur, ses compagnons décidèrent d’attendre patiemment. Quand le jeune homme eu terminé son examen, un rictus de mépris s’était inscrit sur son visage.

- Non mais de qui on se moque ici ? se plaignit il. Ils nous ont fait le coup de la trappe ces guignols. Regardez moi ça, dit il en désignant une dalle noire apparemment semblable à toutes les autres, ca se voit comme le nez au milieu de la figure que ca cache un piège.

- Ah bon, t’es sur ? demanda Tren. Ca m’a tout l’air d’être une franche et honnête dalle.

- Ne t’y prend pas car elle cache assurément une mortelle surprise si tu poses le pied dessus. Nul doute qu’elle te fera basculer dans une fosse ou tu t’empaleras sur une forêt de pieux rouillés, ou alors tu feras une chute de plusieurs mètres de hauteur avant de te briser les os sur un sol de pierre, ou encore tu plongeras dans un bassin rempli d’acide qui te rongeras la peau et la chair dans une atroce agonie.

- Brrr…

- Heureusement pour nous, c’est un vrai travail de sagouin. Franchement, c’est ni fait ni à faire. Cette dalle est très légèrement surélevée et il y’a un petit espace entre elle et ses voisines, comme si il était prévu qu’elle bouge. C’est presque invisible sauf pour un voleur qualifié et diplômé d’une Maîtrise en Escroquerie et Rapine, option Dungeonning.

- Bon on a cas passer à coté alors, hasarda Hoys

- Certainement pas, le piège prend sûrement toute la largeur du couloir, sinon ca perd son intérêt. Non, les concepteurs ne sont pas bêtes malgré leur manque évident d’imagination mais ils ont bâclé le travail. S’ils avaient correctement posé cette dalle ci, l’astuce aurait pu fonctionner. Sautons par dessus, c’est plus prudent.

Nevan montra l’exemple et réalisa un petit bon élégant au dessus de la dalle suspecte. Il fut suivit par Tren et par Hoys qui n’eurent aucun mal à l’imiter. Derrière, Seïthra entreprit à sont tour de les rejoindre. Le vol se passa sans incident mais elle comprit à l’atterrissage qu’elle avait commis une grave erreur en sautant à pieds joints. Son pied droit se réceptionna sur les franges de sa robe et dérapa, la faisant basculer en arrière, droit sur le piège détecté par Nevan. Elle cria, pensant que sa fin était proche, la courte chute ne lui laissant pas le temps d’utiliser sa magie. Elle tomba, ses fesses heurtant douloureusement le sol. Tremblante, la sorcière rouvrit les yeux, constatant qu’elle était encore en vie. La dalle n’avait pas basculé, sa chute n’avait déclenché aucun mécanisme et pas un bruit ne vint troubler la scène pendant de longues secondes. Ce fut finalement Tren qui rompit le silence, un large sourire sur les lèvres.

- Ah ouais, bien vu le piège mortel Nevan. T’as eu raison de nous prévenir, on aurait pu y laisser notre peau.

- Bheu…

- Clair, heureusement qu’on a un diplômé avec nous, railla Hoys en aidant Seïthra à se relever.

- Merci du tuyau « Harsen Lupain », j’ai bien l’air conne d’avoir autant flippé.

- Ben… désolé.

- Ah Ah Ah ! Même ton père m’en a jamais fait une comme cella là. Hilarant !

- Ouais, à s’en taper le cul par terre.

- Connard.

- Allez champion, c’est pas tout ca mais faut continuer.

- Ouais, bon ca va, ca va.

20 mars 2007

La Femme qui Murmurait à l’Oreille des Rancors - partie 11

Honteux et confus, ils s’inquiétèrent alors de la blessure de Hoys, une belle brûlure qui avait carbonisé la chaire sur plusieurs centimètres carrés et qui, selon lui, faisait mal de chez sa race. Seïthra lança un nouveau sort et une lumière blanche scintillante apparut entre son poignet tendu et la blessure du Nautolan. La brûlure sembla se résorber quelque peu et Hoys avoua que la douleur diminuait fortement. Tren appliqua un patch de bacta sur la blessure et lui fit un solide bandage. Une fois Hoys soigné, ils purent retourner à l’exploration de la salle. Seïthra s’approcha du bureau et avisant le coffre-fort, tendit le doigt pour taper une combinaison au hasard sur le clavier.

- Non attend, ne le touche pas ! cria Nevan.

La jeune fille sursauta et recula prestement sa main.

- C’est un K-36 de Secuval Industries, je connais bien ce modèle. Mais habituellement les K-36 n’ont pas de système à code, mais un lecteur d’empreintes digitales.

Il fit signe à Seïthra de s’écarter et de la pointe de sa dague appuya sur une touche. Fizz, Fizz, Fizz, fit le coffre, Tchonc, Tchonc, Tchonc firent les trois fléchettes qui se plantèrent dans le mur d’en face. Tren alla en récupérer une et en posa la pointe sur ses lèvres.

- Poison, déclara t’il, je ne le reconnais pas mais ca ne vous aurait certainement pas fait du bien mademoiselle.

Nevan découvrit le véritable dispositif d’ouverture et passa un bon quart d’heure à le désactiver, perdant de longues minutes à tenter d’accéder aux circuits électroniques cachés sous l’épais blindage. La porte finit par s’ouvrir à sa plus grande fierté.

- Bingo, se réjouit-il en avisant un très grand nombre de liasses de crédit empilées les unes sur les autres, un spectacle toujours agréable pour un voleur professionnel. Il estima qu’il devait y en avoir pour plusieurs centaines de milliers de crédit et en fit part à ses compagnons.

- Ceci explique cela, fit Tren, ca me semblait bizarre qu’il y’ai aussi peu de mercenaires. Même en vendant les armes au rabais, elle avait de quoi louer les services de vingt fois plus d’hommes. Elle garde du liquide de coté en attendant des forces supplémentaires.

N’ayant pas très envie de se trimballer tout ce liquide sur eux pour continuer le nettoyage du donjon, ils décidèrent à l’unanimité de laisser l’argent dans le coffre pour venir l’y rechercher plus tard. Tren s’intéressa ensuite au bureau et tenta de faire fonctionner l’ordinateur, sans succès, puisque protégé par plusieurs mots de passe. Nevan avoua son impuissance dans ce domaine.

- Betty peut ptêt’ faire quelque chose, intervint Hoys en activant l’I.A stockée dans le bracelet de son poignet. L’image de la twi’lek apparut, surprenant Seïthra.

- Bonjour tout le monde, ironisa t’elle, encore besoin de moi j’imagine. Ravi de vous revoir mon cher Nev… Hoys, c’est qui cette pouf’ ? demanda t’elle en dévisageant Seïthra.

- Laisse tomber, ordonna son propriétaire, tu peux pirater cet ordi ?

- Tu sais bien que oui gros nigaud, connecte moi.

Hoys brancha Betty à un port du terminal d’ordinateur. L’hologramme de la jeune femme sembla se concentrer sur sa tâche et l’écran 3D de l’ordinateur fit défiler des colonnes de chiffres et de codes trop rapidement pour l’œil humain. Finalement, il s’arrêta sur un menu, garni de nombreuses entrées.

- Bien joué, le félicita Tren, maintenant fouille le disque dur et raconte nous ce qu’il y a d’intéressant à l’intérieur.

Les données défilèrent quelques secondes et s’arrêtèrent sur une fenêtre avec plusieurs images, visiblement prises par des caméras de sécurité qui filmaient divers endroits de la prison. L’une d’entre elle montrait une vue du hall central ou ils étaient déjà passé, sur une deuxième ils virent leur petit groupe penché sur un terminal d’ordinateur, d’autres montraient des pièces inoccupées mais la dernière retint l’attention des quatre aventuriers. Autour d’une grande table pleine de matériel de surveillance, quatre hommes plutôt baraqués se préparaient au combat, ils enfilaient des plaques d’armures et rechargeaient leurs armes. Près d’eux, une silhouette menue en robe noire et encapuchonnée ignorait les préparatifs des soldats pour se concentrer sur les écrans de surveillance. Soudain elle saisit un blaster sur la table et le pointa vers l’objectif de la caméra. L’instant d’après, l’image se brouilla et n’afficha plus que de la neige. Seïthra tremblait de rage, les poings serrés.

- C’est Wyrdon, murmura t’elle.

- Ils suivent notre progression depuis le début, déclara Tren, il faudrait pouvoir désactiver toutes les caméras, ca nous donnerait un avantage.

- Je peux le faire, déclara Betty, ce terminal me permet d’accéder au réseau de surveillance.

- Vas y.

Peu après, les images des caméras s’éteignirent toutes en même temps et Betty annonça que le réseau était définitivement inopérant. Elle continua ensuite l’analyse du disque dur et finit par trouver une série de messages, une correspondance entre Wyrdon et un groupe de mercenaires indépendants devant arriver sur Dathomir dans moins d’une semaine. L’I.A ne trouva rien de bien plus intéressant et se déconnecta de l’ordinateur. Bizarrement, Hoys la remercia de son aide avant de la désactiver. Le groupe quitta finalement la chambre, décidant qu’ils n’avaient plus rien à en tirer.

4 mars 2007

La Femme qui Murmurait à l’Oreille des Rancors - partie 10

Notre petite bande abandonna la cache d’arme pour retourner à la porte du fond, qui donnait donc sur un escalier plongeant dans le sol. Ils s’équipèrent de lampes torches et descendirent ainsi de plusieurs mètres avant d’arriver dans un tunnel étroit, creusé dans la terre et renforcé à la va-vite par une épaisse couche de béton. Le sol était orné de dalles noires et grises, plus fonctionnelles et économiques que véritablement décoratives. Au bout de quelques mètres, le tunnel tournait à quatre-vingt-dix degrés vers la gauche. Nevan risqua un coup d’œil au coin du mur et continua d’avancer. Ils ouvrirent une porte isolée pour n’y découvrir qu’un petit local technique. Pendant que Tren et Nevan découvrait l’affligeante inutilité de cette pièce, ils ne se rendirent pas compte que Hoys et Seïthra avaient pris l’initiative, l’un par inexpérience et l’autre par impatience, de continuer seuls l’exploration du tunnel. Après un nouveau virage sur la droite, ils tombèrent brutalement nez à nez avec un nouveau groupe de cinq mercenaires armés jusqu’aux dents et courant dans le couloir à leur rencontre. Les deux groupes s’arrêtèrent brusquement à quelque mètres l’un de l’autre. La surprise passée, Seïthra fut la première à réagir en projetant sur ses adversaires une poussée de Force qui les renversa tous comme des quilles. Hoys saisit l’occasion et lança une grenade en plein milieu des hommes tombés à terre pendant que lui et la sorcière reculaient pour se mettre à l’abri. L’explosion emporta trois mercenaires tandis que les deux autres, providentiellement plus en retrait, avaient pu se relever plus facilement et s’éloigner de quelques mètres. Seïthra utilisa à nouveau son pouvoir pour projeter un des deux fuyards contre un mur, ou il eu la malchance de se briser la nuque. Le dernier fut abattu par Tren qui les avait alors rejoint, Nevan sur les talons. Le vieil aventurier leur conseilla de ne plus se séparer du reste du groupe et ils opinèrent du chef pour montrer qu’ils avaient compris. Seïthra contesta à Hoys l’attribution des mercenaires tués par la grenade, au score du Nautolan, affirmant que c’est elle qui les avait réellement neutralisé. Tren trancha, affirmant que celui qui achève l’ennemi en remporte le total crédit, quelque soit la participation des autres compagnons à sa mort[1], au grand déplaisirs de la jeune sorcière qui ronchonna pour manifester son mécontentement.

De nouveau tous réunis, ils continuèrent d’avancer dans le tunnel après avoir au préalable soigneusement fouillé les morts pour n’y trouver rien de plus que ce qu’ils avaient découvert sur leurs collègues tués auparavant. Ils découvrirent bientôt une nouvelle porte, que Nevan dut déverrouiller pour pouvoir l’ouvrir. Elle donnait sur des appartements de taille moyenne, dotés d’un relatif confort. Le mobilier était minimaliste et fonctionnel, typique de ce à quoi un officier impérial moyen aurait eu droit dans ses quartiers. La pièce mêlait une chambre à coucher et un bureau, ainsi qu’une petite salle de bain, située derrière une cloison. La chambre était actuellement utilisée par quelqu’un puisque des vêtements, des robes sombres principalement, et des objets personnels était visibles ça et là. Sur le bureau, Nevan découvrit un vieux terminal d’ordinateur, un databloc et quelques documents en filmsiplast. Mais le plus intéressant était sous le meuble puisqu’un coffre-fort était dissimulé grossièrement derrière une plaque de plastique de la même couleur que le bureau.

- Héhéhé, se réjouit le jeune homme, c’est jour de paie.

Il s’agenouilla devant le coffre, pendant que ses compagnons étaient penchés par dessus son épaule pour observer ce qu’il faisait, et l’examina avec une prudence toute professionnelle.

- Ca doit être le trou de cette chienne de Wyrdon, cracha Seïthra de plus en plus impatiente de rencontrer la Sœur de la Nuit, ce coffre contient sûrement quelque chose d’utile.

- C’est justement ce que j’essaye de voir.

- Vginvingnin gin, Vginvingningnin.

- Redites-moi ça Seïthra.

- J’ai rien dit.

- C’est pas vous qui avez dit : « Vginvingnin gin, Vginvingningnin » ?

- Ben non.

D’un seul homme, le groupe se retourna et fut saisit de stupeur en découvrant la source du bruit. Sortit d’un passage secret dissimulé dans le mur, une étrange machine presque aussi grande qu’un homme se tenait maintenant devant eux et flottait à quelques centimètres du sol. Sa tête était composée de deux parties circulaires pivotant l’une sur l’autre, d’ou deux antennes rétractables émergeaient de leur logement. Un nombre impressionnant de bras articulés se dépliaient sous le corps de la machine pour la faire ressembler à une sorte de méduse mécanique.

« Droïde sonde ! » cria Nevan en se relevant. Tous dégainèrent leurs armes à feu et reculèrent au fond de la pièce alors que le blaster intégré du droïde se pointait sur eux. Ils ouvrirent le feu sur leur adversaire, mais son épais blindage protégeait efficacement ses systèmes vitaux, absorbant les rayons laser qui ne faisaient qu’abîmer sa peinture. Le droïde riposta et envoya une rafale sur les intrus. Seïthra fit preuve de présence d’esprit en invoquant le Force pour créer une barrière protectrice invisible autour d’eux. Toutefois, elle ne fut pas assez rapide pour bloquer le premier tir qui vint toucher Hoys au bras droit. Nevan prit conscience que malgré les pouvoirs de la sorcière ils ne tiendraient pas longtemps contre le droïde qui les acculait dos au mur. D’un geste, il se saisit d’une grenade du Nautolan blessé et quitta la bulle de protection pour foncer droit sur le droïde sonde. La machine n’eut pas le temps de mettre en joue ce nouvel adversaire et le jeune voleur effectua une glissade magistrale, passant juste sous la forêt de bras mécaniques. Une fois passé, il se releva et dégaina sa vibro-lame en un éclair. Dans le même geste, il porta un coup de taille qui trancha plusieurs pattes de la « bête ». La tête du droïde pivota et ses photorécepteurs se braquèrent sur celui qui l’avait blessé. Nevan plongea derrière une commode pour éviter plusieurs tirs de laser. Pris en tenaille, le droïde avait négligé les trois autre aventuriers qui se trouvaient maintenant dans son dos et qui en profitèrent pour déchaîner leur puissance de feu, tâchant d’atteindre les points sensibles de la machine. Plusieurs de ses capteurs volèrent en éclat et une fois de plus, le droïde changea de priorité, se retournant pour canarder le petit groupe. Nevan sortit de sa cachette, arma la grenade et la coinça entre les deux parties sphériques de la tête de la machine, avant de se remettre à l’abri. L’explosion fit sauter la partie supérieure du droïde qui s’écrasa au sol, tandis que le reste du corps s’effondrait par terre.

- Pfiou, on a eu chaud cette fois ci, commenta Tren, joli système de sécurité. Bravo Nevan, belle présence d’esprit.

- Mouais, pas mal, avoua Seïthra.

- Trop facile, crâna le jeune homme.

- Vantard.

- Jalouse.

- Eh, j’ai mal moi ! Pin Pon, Pin Pon, chantonna Hoys, ca vous gênerez de m’aider ?


[1] Article 1421-A, section « Xp et butin » du Code Juridique des Quêtes et Donjons.

25 février 2007

La Femme qui Murmurait à l’Oreille des Rancors - partie 9

Ils pénétrèrent dans un long et sombre couloir, éclairé seulement par quelques panneaux lumineux accrochés au plafond. A l’avant, Nevan avançait prudemment, attentif à l’éventuelle présence d’alarmes ou de pièges. Juste derrière venait Hoys, qui fusil levé se tenait prêt à ouvrir le feu sur quiconque se montrerait. Seïthra n’avait même pas pris la peine de sortir son blaster, comptant sur ses pouvoirs pour se tirer d’un mauvais pas. Tren enfin, assurait l’arrière-garde. Ils croisèrent plusieurs portes, ouvrirent celles qui n’étaient pas verrouillées mais ne trouvèrent rien d’intéressant dans les zones de service qui étaient derrière ces différents accès. Au bout, le couloir se terminait par une grille métallique descendant du plafond qui était bloquée à mi-hauteur. Nevan s’agenouilla et risqua un coup d’œil pour découvrir une très grande salle rectangulaire encombrée de mobiliers renversé, de caisses vides et de matériel usagé. Elle faisait bien cinquante mètres de long pour vingt de large et était haute de deux étages. Des escaliers en colimaçon reliaient le sol à des passerelles métalliques qui faisaient le tour de la pièce à plus de cinq mètres de hauteur. Ce devait être le hall central des quartiers pénitentiaires, les nombreuses portes devant mener vers les cellules et les espaces de vie des prisonniers. Hélas, la pièce n’était pas déserte et une demi-douzaine de mercenaires étaient postés devant plusieurs accès, deux d’entre eux au rez-de-chaussée, les quatre autres à l’étage. Aucun d’entre eux ne regardaient dans sa direction. Il se releva et chuchota pour décrire la situation a ses compagnons.

- Une chose à la fois, ordonna Tren, il faut d’abord qu’on s’occupe des deux premiers si on veut pouvoir canarder les autres depuis en bas.

- Il y’a pas mal de bazar la dedans, expliqua Nevan, je devrais pouvoir m’en servir pour atteindre le garde du fond sans me faire voir du second.

- Très bien, nous surveillerons ta progression depuis ici. Dès que tu es à son niveau tu le backstabes pendant que Hoys et moi on se tape son petit copain. Seïthra, vous auriez quelque chose pour retarder ceux qui sont sur les passerelles ?

- Je dois avoir ca en stock.

- Parfait. A toi de jouer fiston.

Nevan rangea son arme et repassa la tête sous la grille pour observer la pièce. Quelques secondes plus tard il quitta l’entrée et partit se réfugier derrière une pile de vieux matériel. Ne constatant aucune réaction de la part des gardes, il entreprit de longer le grand hall par la droite, se déplaçant le plus silencieusement possible et profitant du moindre coin d’ombre pour s’y dissimuler. Il arriva à hauteur du mercenaire en un peu plus de deux minutes. Usant de toute sa discrétion, il le contourna et se campa juste dans son dos, retenant sa respiration pour ne pas qu’elle le trahisse. Lentement il dégaina sa dague et se releva. Du coin de l’œil il croisa le regard de Tren et sut que ses amis étaient prêts.

Il frappa en un éclair, plantant la dague dans la nuque du garde. L’homme s’étrangla et tenta de crier, en vain, puisque une longue lame d’acier lui traversait le cou de part en part[1]. Les gargouillis d’agonie du mercenaire attirèrent l’attention de son collègue qui tourna la tête dans sa direction pour lui demander ce qui n’allait pas. Il se paralysa trois longues secondes en découvrant son équipier tentant vainement de retenir le sang qui s’écoulait de sa gorge. Trois secondes pendant lesquelles Hoys, Tren et Seïthra passaient à leur tour sous la grille pour remplir leur rôle. Hoys et Tren pointèrent leurs armes vers le second garde, parfaitement inconscient de leur présence, et ouvrirent le feu. Plusieurs traits de laser fusèrent vers lui, certains s’écrasant sur la plaque pectorale de son armure sans parvenir à la traverser. Ce fut finalement une rafale tirée par Hoys en pleine tête qui tua le deuxième mercenaire. A l’étage, les quatre autres hommes abandonnèrent leurs postes quand ils entendirent la fusillade, ils se précipitèrent pour regarder par dessus la rambarde et firent feu sur leurs ennemis. Désavantagés par leur position, Hoys et Tren se réfugièrent derrière les débris d’une longue table leur offrant une maigre couverture. Abandonnant sa dague pour son pistolet, Nevan plongea à son tour derrière des débris quand l’un des garde voulut venger la mort de son collègue. Les trois hommes ripostèrent comme ils le purent, mais les tirs venant d’en haut ne leur laissaient pas le temps de viser correctement. C’est à ce moment là que Seïthra, que tout le monde avait oublié, termina l’incantation de son sort. Le vent sembla se lever à l’intérieur du vaste hall. Animées par la Force, les molécules d’air se mirent à se déplacer, formant un puissant tourbillon que la sorcière guida vers l’étage. La mini tornade fit le tour des passerelles renversant les mercenaires un par un. Les aventuriers se risquèrent hors de leurs abris pour avoir de meilleures positions de tir. Quand les soldats se relevèrent ils furent accueillis par de nombreux rayons laser venus d’en bas. Deux furent fauchés par les rafales du Nautolan et un troisième se fit cueillir à la volée par un tir précis de Tren. Le dernier garde, un peu plus malin que les autres, décida d’adopter une autre tactique. Il dégrafa une grenade de son harnais, l’arma et la jeta derrière la table renversée ou Tren et Hoys avaient trouvé refuge. Seïthra fut la seule à s’en rendre compte car elle était postée légèrement en retrait. Elle pointa son bras vers l’explosif et prononça un mot dans sa langue natale. La grenade s’envola et repartit directement à l’envoyeur. Quelques secondes plus tard, celle ci explosa à moins d’un mètre du dernier mercenaire alors que celui-ci criait dans son comlink. La déflagration le tua sur le coup et déchiqueta la portion de passerelle sur laquelle il se trouvait.

- Merde, ragea la sorcière, j’ai pas été assez rapide, il a eu le temps de prévenir ses potes !

- T’en fait pas pour ca, le rassura Nevan, la bagarre a du s’entendre dans tout le bâtiment.

- Ouais, mais maintenant ils savent à quoi s’attendre. Ils se tiendront prêt cette fois ci.

- Bah, on leur a mis une sacrée rouste, intervint Hoys, ils sont nuls.

- Espérons le, dit Tren.

Il sortit un databloc de son manteau et commença à y taper quelque chose. Curieuse la sorcière lui demanda ce qu’il faisait. Le banquier lui montra l’écran sur lequel une liste de quatre nom figurait, les leurs, et devant lesquels un chiffre était inscrit : trois pour Hoys, deux pour Nevan et un pour Seïthra et lui-même.

- C’est une vieille coutume chez les aventuriers parcourant les donjons, expliqua t’il, on recense les ennemis abattus par chacun des membres du groupe. Un petit concours s’instaure pour être celui qui aura le plus haut score.

Seïthra trouva l’idée amusante et ricana pour approuver l’idée. Victorieux, ils entreprirent comme il se doit de fouiller le hall ainsi que les cadavres des gardes. Hormis de la menue monnaie et quelques affaires personnelles, ils ne trouvèrent rien d’autres sur les mercenaires que leur équipement standard. Au rez-de-chaussée, ils découvrirent trois portes. Celle du mur de droite menait sur un immense réfectoire abandonné et plus loin sur les cuisines. Ils ne poussèrent pas plus loin l’exploration de cette partie de la prison et firent demi-tour. De retour dans la pièce centrale, ils ouvrirent la porte du fond et tombèrent sur un escalier, descendant plusieurs mètres sous la surface du sol. Tren décida d’aller ouvrir la troisième porte avant d’y descendre. Nevan l’examina et ne trouvant rien d’anormal appuya sur la commande d’ouverture. La porte ne bougea pas mais un voyant rouge s’illumina, témoignant qu’elle était verrouillée. Le voleur décrocha la trousse  à outils rangée à sa hanche et en sortit un tournevis aimantée et une petite pince. Il entreprit de dévisser la plaque métallique protégeant le boîtier de contrôle. Derrière, un réseau de fils et de circuits était encastré dans le mur et reliait la porte au dispositif d’ouverture, formant un modèle impérial standard que Nevan reconnut immédiatement. Il shunta le système électronique et une diode verte s’éclaira pour saluer son succès. Il appuya sur la commande d’ouverture et la porte s’ouvrit.

- Bien joué Nevan, le félicita Tren, tu es le digne fils de ton père.

Derrière la porte, ils ne purent distinguer quoique ce soit. Hoys trouva l’interrupteur commandant l’éclairage de la salle et l’alluma. Des panneaux lumineux s’éclairèrent, dévoilant aux quatre aventuriers ce qu’il se trouvait derrière cette porte. C’était une salle tout en longueur, comparable aux dimensions du grand hall de la prison. Situé perpendiculairement à celui-ci, elle était à moitié enterrée dans le sol et un escalier en béton permettait d’y descendre. Ils découvrirent un très gros empilement de caisses et de containers, marqués du symbole impérial et occupant environ un tiers de la surface disponible.

- Les gars, je crois qu’on a trouvé ce qu’on cherchait, triompha Nevan.

- On dirait bien, confirma Tren l’air pourtant déçu, mais vu la taille de cette cave, je pense qu’il devait y en avoir bien plus que ça. La vieille folle a déjà du en vendre une bonne partie et elle doit garder le reste pour équiper sa future « armée ».

- Parfait, les coupa Seïthra, maintenant que vous avez ce que vous vouliez, à vous de remplir votre part du contrat. Nous devons trouver Wyrdon et la tuer.

- De toute manière, on ne pourra rien emporter tant qu’on aura pas nettoyé tout le donjon, approuva t’il.

- On est pas rendu, conclut Hoys.


[1] Ce qui est fort peu pratique pour articuler distinctement « Au secours, au secours, je suis attaqué », il faut bien le reconnaître. N’espérez pas non plus improviser une représentation de Carmen a capella.

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